Séminaire de philosophie et de théologie Crêt-Bérard, 5 avril 2025

Le scepticisme, un héritage à endosser en théologie protestante, selon Pierre-André Stucki

PIERRE-ANDRÉ STUCKI

Né en 1936 et décédé en 2020, Pierre-André Stucki a animé avec Pierre-André Pouly durant de nombreuses années le Séminaire de philosophie et de théologie de Crêt-Bérard, car attaché autant à la foi chrétienne qu’à l’honnêteté intellectuelle, le dialogue entre la philosophie et le théologie lui a toujours tenu à cœur, et à travers cet engagement il a contribué à mettre en évidence la dignité de pensée du christianisme.

THÉOLOGIE ET PHILOSOPHIE

Au départ du christianisme, il y a la proclamation de l’Évangile de Jésus Christ. Elle implique que nous soyons en mesure d’en rendre compte1. Pour ce faire, il est inévitable de recourir au langage et aux idées qui ont cours dans le milieu où se déroule la communication. Car il faut pouvoir non seulement expliquer et commenter ce qu’on annonce, mais aussi le profiler et le défendre par rapport à des positions adverses et en montrer les enjeux. Le risque, toutefois, pour la théologie quand elle s’allie à des philosophies, c’est qu’elle se fourvoie avec elles en des égarements de pensée ou qu’elle intègre en son sein des idées qui sont incompatibles avec son fondement évangélique. L’alliance avec le platonisme a introduit dans le christianisme la fallacieuse séparation de l’âme et du corps, qui n’a rien de paulinien ; et l’alliance avec l’aristotélisme l’a rendu captif de son désir d’ordonner l’ensemble du réel.

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